The lost art of keeping secrets

Tag: littérature américaine

L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet de Reif Larsen

Ou… la rencontre avec un petit garçon tout à fait fascinant!

Tecumesh Sansonnet, T.S. pour les intimes, fait partie de la mince catégorie des génies. Et comme tous les génies, il a bien du mal à se sentir à sa place. Sa spécialité? Les cartes bien sûr! TS est cartographe, mais avant tout un passionné de la vie et de toutes ses petites particularités et bizarreries. Tout mérite d’être observé, analysé, décortiqué pour T.S., des expressions faciales paternelles aux mouvement d’une barrière, en passant par la fréquence de passages de voitures ou l’intensité sonores de coups de feu.

L’histoire commence alors que le jeune TS (12 ans), reçoit un coup de fil de la part du Smithonian, un éminent musée de Washington l’informant que le prix Baird lui a été décerné pour ses illustrations. Le responsable du musée n’a bien entendu pas la moindre conscience qu’il parle à un garçon si jeune. D’abord, T.S. refuse, et puis petit à petit, il se demande s’il n’est pas en train de commettre la plus grosse erreur de sa vie de cartographe et d’aspirant scientifique en ratant l’occasion de sortir de sa campagne paumée. Pour ces raisons et toute une série d’autre, notamment liées à la disparition de son petit frère, T.S. décide de partir. Il prépare son sac et embarque à bord d’un train de marchandises. En route pour l’aventure!

Durant tout le livre, nous apprenons à connaître TS, son passé, ses parents, sa passion, son histoire. C’est un petit garçon vraiment incroyable. Un vrai génie, plein d’humour et d’auto-dérision. Il a une telle conscience de ce qui l’entoure, tout ce qui arrive sous son nez fait l’objet d’une étude précise . Son voyage donne lieu à d’incroyables péripéties, et propose de belles réflexions sur la vie: nos rêves, notre passé, nos relations familiales, la peur de l’aventure, la cupidité humaine,…

Ce roman d’aventures est un roman initiatique vraiment particulier. J’ai beaucoup apprécié l’histoire dans l’histoire, lorsque T.S. commence à lire les travaux de sa mère, et découvre une autre facette d’elle, et de ses ancêtres, aussi. Avec ses sublimes illustrations, le travail très soigné de l’auteur et son extrême minutie, il est passé à deux doigts du coup de coeur. Mais je lui ai trouvé quand même parfois quelques longueurs. Je me plais à croire que c’est un roman qui se déguste, que l’on savoure. Et c’est vrai. Mais je pense aussi que c’est un roman qui a besoin d’être dévoré, pour être emportés dans la frénésie de ce voyage fantastico-réaliste. Un léger paradoxe en somme, qui en fait un “presque coup de coeur”. Mais quoiqu’il en soit, T.S. est un personnage qui me marquera encore longtemps, et je vous invite vraiment à faire sa connaissance, si le coeur vous en dit!

L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, Reif Larsen, Editions du Nil,  2010, 375 pages.

Lu en 2011.

Sans âme de Gail Carriger

Rien de mieux que de commencer la journée par un billet lecture, vous êtes d’accord? Parlons un peu de cette nouvelle série qui a su conquérir bien des coeurs: Le protectorat de l’ombrelle (j’a-do-re!) de Gail Carriger.

Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui ne lui avait pas été présenté ! Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, écossais et loup-garou – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Mais que se trame -t-il réellement dans la bonne société londonienne ?
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Ce roman est follement amusant mes chers! Je vous le conseille vivement, si vous souhaitez vous évader du côté du Londres victorien, au sein d’une société faite d’humains et de créatures surnaturelles, avec une héroïne drôle et attachante, et un personnage masculin aussi graouuuu que garou! On ne s’ennuie pas une minute entre la débâcle amoureuse d’Alexia et Lord Maccon, l’énigme à élucider, les excentricités de Lord Akeldama, … C’est un roman qui est bourré d’humour, inventif, jouant avec les clichés de la romance en les réinventant (ou pas :D). Bref, si ça vous tente, n’hésitez pas!
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Je n’ai pas grand chose à ajouter à tout ce qui a été déjà dit sur le roman et comme il s’agit d’une lecture commune, avec Perséphone et Pandamouflé, et que Perséphone a fait un billet absolument complet, fabuleux et décrivant tout parfaitement ce que j’ai aimé dans ma lecture, je vous y renvoie : c’est par ici!
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The Christmas Specials #10: Mrs Miracle de Debbie Macomber

Vendredi soir, j’ai refermé Mrs Miracle, reçu dans le cadre du Christmas swap avec une certaine déception. Oh, mais pas une déception par rapport au livre, bien au contraire, une déception de devoir déjà quitter ces personnages. Ils n’ont pourtant rien de particulièrement extraordinaire (si l’on compare, par exemple, à ce prodigieux T.S. Spivet – dont je vais vous parler tout bientôt – Perdita?), mais c’est ce que j’aime toujours chez Debbie Macomber. Cette faculté de rendre des histoires toutes simples, des intrigues familiales agréables à suivre. Apprendre à connaître des personnages petit à petit, s’y attacher, être heureuse de les retrouver sitôt le livre réouvert. Et ça marche à chaque fois. J’ai adoré les premiers tomes des séries Blossom street et Cedar cove (il faut que je continue!) pour les mêmes raisons d’ailleurs. Ses livres sont chaleureux, doux, comme une parenthèse au calme.

Mrs Miracle raconte l’histoire de Seth Webster et de ses jumeaux, de Reba Maxwell, et de Susan & Jerry. Un joyeux petit monde qu’Emily Merckle (surnommée adorablement par les jumeaux Mrs Miracle) va venir bousculer. Un petit coup de pouce pour passer un Noël heureux, difficile de résister! Je ne vais pas vous faire un petit résumé de l’histoire, car les intrigues du genre sont déjà extrêmement prévisibles (mais soyons honnêtes, c’est aussi pour ça que nous les aimons), sachez juste que Debbie Macomber nous livre ici un joli roman de Noël, très agréable à lire, avec des bons sentiments mais sans mièvrerie crispante. Le personnage de Mrs Miracle est génial, bien que peu présent, au final. Nous la découvrons toute en filigrane, au détour de répliques drôles et de tours de passe-passe.

Le livre a été adapté en téléfilm avec James Van der Beek (Dawson) et Erin Karpluk (Being Erica) en 2009. Je l’ai regardé juste après avoir terminé le livre et j’ai bien aimé l’ambiance. Je trouve le choix de l’actrice pour Mrs Miracle parfait! Un bon petit film de saison, en somme!

Pour un avis plus détaillé, je vous renvoie sur ce blog-ci que j’aime beaucoup.

Bonne soirée!

Halloween Mood #8 : Histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe

Et oui, encore 1 ou 2 billets Halloween qui vont suivre sur les lectures que j’ai faites pour l’occasion!

Pour cette période automnale et pré & post-Halloween, j’avais très envie de me plonger dans Poe. De lui, je n’avais lu que Double assassinat dans la rue morgue, dans ces temps reculés où j’étais encore une adolescente… A l’époque, si j’avais bien aimé cette nouvelle, je n’avais pas été submergée par son style inimitable duquel je me suis largement délectée durant cette lecture, bien trop jeune à l’époque, je pense, pour l’apprécier à sa juste valeur.

Vous vous en doutez, j’ai vraiment adoré ce temps passé à vivre avec une virtuosité étourdissante toutes ces histoires extraordinaires. Ce recueil de nouvelles se décline en 13 histoires assez différentes les unes des autres, mais à la fois similaires par différents aspects.

Ce qui m’a frappée tout au long de ma lecture, c’est l’extrême vivacité de l’imagination de Poe, ses pensées très en avance sur son temps, son amour de la science et de la logique combinés prodigieusement avec le surnaturel. Nous nous plaisons à suivre ces récits extravagants, futuristes, mais aussi très drôles. Poe se joue tour à tour de son lecteur et de ses héros qui, au milieu de ces évènements, ne sont finalement qu’hommes de paille. Il nous surprend, nous fait sourire, nous assomme de détails tellement précis que c’en est presque effrayant… Certaines nouvelles, de par leur sujet peuvent sembler naïves de nos jours, mais je les ai trouvé particulièrement impressionnantes non seulement en raison de l’époque à laquelle elles ont été écrites, mais aussi parce que la précision avec laquelle Poe décrit ces expériences, ces gestes, ces moments d’exploration est prodigieuse, subjuguante.

Avec ses Histoires extraordinaires, Poe nous transmet sa fascination pour la science, le progrès, les expéditions, les voyages exploratoires tant physiques (Le canard au ballon, Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaal, Manuscrit trouvé dans une bouteille, Une descente dans le Maelstrom,…)  que psychiques (La vérité sur le cas de M. Valdemar, Révélation magnétique). J’ai été particulièrement séduite par ses énigmes faisant appel à la logique et nous livrant les méandres des raisonnements qu’elle induit (Double assassinat dans la rue morgue, La lettre volée, Le scarabée d’or).

Ces nouvelles sont des petits bijoux. Le style de Poe est dense, exhaustif. Sa lecture est exigeante mais au combien délicieuse. Si je me suis moins plu dans certains récits (Aventure sans pareille d’un certain Hans Pfaal par exemple), cette découverte est presque une révélation. Je me suis délectée à chaque page, emportée dans ce tourbillon stylistique et aventureux sans pareil. J’ai déjà très hâte de me plonger dans le reste de l’oeuvre de Poe…

Mes nouvelles préférées: Double assassinat dans la rue Morgue, La lettre volée, Morella, Le scarabée d’or, Souvenirs de M. Auguste Bedloe, Mertzengerstein.

Shopgirl l’a également lu, son avis par ici.

Lu dans le cadre du Challenge Gilmore Girls

Edgar Allan Poe, Histoires extraordinaires, Le livre de poche, 1972, 282 pages.

Halloween Mood #2: La fille du marais de Franny Billingsley

Voici donc le premier billet lecture de ma sélection livresque spécial Halloween 2011 (avec toutes les listes qui fleurissent, j’ai déjà constitué celle de 2012!). Aujourd’hui, donc, nous parlons de La fille du marais, de Franny Billingsley paru aux éditions Les grandes personnes. Je vous disais dans un article précédent à quel point j’étais séduite par les formats de ces éditions, la texture du papier, les coins cassés, les illustrations soignées et bien je réitère mes propos. En plus d’être un bel objet, ils sont particulièrement agréables à la lecture.Bon, tout ça ne m’a pas empêchée d’être quand même un peu déçue de ma lecture.

La fille du marais raconte l’histoire de Briony, 17 ans, une jeune fille de la campagne anglaise. Nous nous situons, d’après ce que j’ai pu comprendre au début du XXe siècle, et la chasse aux sorcières est toujours d’actualité. Les habitants de cette bourgade vivent aux alentours d’un “marais magique” où se trouvent toutes sortes de créatures appelées “ceux du passé”. Seules certaines personnes ont la capacité de la seconde vue (c’est-à-dire de les voir, de les entendre et de leur parler). C’est le cas de Briony, sorcière refoulée.

Outre le fait de pouvoir être attaqués par ces êtres magiques (main morte, muse noire, face de fange…), les habitants du marais peuvent attraper ce qui est originalement appelé “la toux du marais” contre laquelle aucun remède n’a été développé et qui leur est donc fatale. Le récit commence avec l’arrivée de Mr Clayborne et de son fils Eldric. Le père de ce dernier nourrit l’ambition d’assécher le marais et de construire une ligne de chemin de fer directe jusque Londres. Voilà qui déchaîne notre Seigneur du marais…

Alors vous en conviendrez, l’idée était franchement pas mal. Briony est une anti-héroïne, se présentant comme dépourvue d’amour et tout à fait haïssable. Bien sûr, on se rend vite compte que ce n’est pas vraiment le cas, ne serait-ce par le dévouement dont elle fait preuve envers sa soeur jumelle, Rose, atteinte de ce qui apparaît comme une forme d’autisme. En fait, c’est très paradoxal, car je me suis bien attachée aux personnages principaux: Briony, Rose & Eldric. Ils sont vraiment chouettes et j’ai particulièrement aimé la découverte et le développement de leurs relations respectives. La fin du récit est aussi toute douce et j’ai refermé le livre avec un sourire aux lèvres. Pour autant, il y a pas mal de choses qui m’ont dérangée dans ce livre. Si je suis vitre entrée dans l’histoire, après une centaine de pages, je m’ennuyais. Il y a bien des moments où les choses reprennent mais j’ai toujours eu l’impression d’osciller entre les deux. J’ai trouvé que la mythologie créée par l’auteur n’était pas assez exploitée, et que l’histoire même n’était finalement que très ténue, et très prévisible. Mais surtout, j’ai eu du mal avec le style ampoulé de l’auteur. Au début, c’est assez plaisant, mais au bout d’un certain temps, c’est juste pompant, et comme je le disais, pour pas grand chose. Je m’attendais à plus d’action et à une histoire plus fouillée. Bref, je suis assez déçue. Heureusement, comme je le disais plus haut, je me suis prise d’affection pour les personnages principaux, ce qui, avec l’atmosphère un peu étrange que le récit dégage, a tout de même rendu ma lecture à moitié plaisante.

Après un petit tour sur la blogo, je me suis aperçue que La fille du marais avait reçu des avis plutôt positifs, ne vous fiez donc pas seulement au mien: Archessia, Bloody Café, Désir de lire, L’antre des livre, Enlivrons-nous

Franny Billingsley, La fille du marais, Les grandes personnes, 2011, 412 pages.

Bonne journée à vous!

Le chat qui lisait à l’envers de Lilian Jackson Braun

Voilà un petit moment que ces romans aux titres très félins m’intriguaient. Mais cette série est trèèès longue. Certains me diront qu’on peut les lire dans le désordre, mais voyez-vous j’ai une petite manie, ou appelez-ça un toc, qui veut que je dois lire les romans dans l’ordre (dans l’hypothèse où ce n’est point nécessaire – parce que dans les autres cas, c’est logique non?), sous peine d’être gravement perturbée. Quand j’ai vu le rayon de ma librairie tout de félidés débordant, et arborant fièrement le premier titre de la série, je n’ai point hésité (vous commencez à me connaître non?). Et me voilà donc repartie avec Le chat qui lisait à l’envers. J’ai aimé, pas adoré, mais suffisamment aimé pour poursuivre la série. En fait, j’adore ce genre d’ambiance. L’art d’accorder de l’importance aux petits agréments du quotidien est ici pleinement exercé, et ça m’a grandement plu.

Le livre raconte l’histoire d’une enquête menée par un journaliste du nom de Qwilleran venant d’être recruté dans un journal pour tenir une chronique artistique. Bon, je vous le dis tout de suite, l’enquête n’est pas le premier sujet du livre, elle est plutôt là comme prétexte pour nous faire rencontrer ce bon vieux Qwilleran, et ce chat merveilleusement dingue et sophistiqué qu’est Koko. Nous y voyons aussi des personnages tous plus allumés les uns que les autres qui nous font bien rire.

Ce premier tome marque quand même le début de la série puisque c’est dans ce roman-ci que Qwilleran fait la connaissance de son fameux chat. La description de sa routine chic et luxueuse est délicieuse et nous fait encore plus envier “la vie de chat”. Le roman se déguste doucement avec une bonne tasse de thé et quelques heures devant soi.

Lilian Jackson Braun, Le chat qui lisait à l’envers, Editions 10/18, 1966, 222 pages

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