Maisie Dobbs de Jacqueline Winspear
Ce n’est que très récemment que j’ai découvert les romans de Jacqueline Winspear, lorsqu’une amie m’a offert le tome 2 de la série pour l’obtention de mon diplôme (encore merci ♥). Malheureusement, les romans ne sont plus édités et si vous souhaitez rencontrer la merveilleuse Maisie Dobbs, il faudra écumer vos bouquineries, encore que seuls les 2 premiers tomes ont été traduits en français… J’ai réussi à trouver le tome 1 et hop, embarqué dans mes valises pour mon périple londonien. Aujourd’hui, je peux vous dire que j’ai très bien fait parce que j’ai adoré cette lecture, c’est un véritable coup de coeur pour moi.
Alors que le récit commence, nous sommes à Londres en 1929 et Maisie Dobbs vient d’ouvrir son bureau d’investigation. Elle n’a pas encore beaucoup d’expérience et est presque désespérée d’entendre le téléphone sonner quand un homme de la bonne société, Mr Davenham, la contacte à propos de doutes sur la fidélité de son épouse. Maisie prend l’affaire en charge, pas forcément réjouie de commencer sa carrière par un banal adultère, mais heureuse de pouvoir commencer à travailler et mettre en pratique l’enseignement qu’elle a reçu. Rapidement, elle se rend compte qu’il ne s’agit pas véritablement d’adultère mais quelque chose de plus complexe faisant resurgir des souvenirs de guerre qu’elle aurait aimé garder enfouis.
Si le roman commence par une introduction policière traditionnelle, celle-ci est rapidement mise de côté pour évoquer l’histoire de Maisie. Nous apprenons d’où elle vient, quel est son parcours, comment elle s’est retrouvée, elle, fille d’épicier londonien et bonne au sein de la maison de Lady et Lord Crompton, étudiante au sein d’une université pour jeunes femmes réputée. On apprend ensuite que Maisie a été infirmière pendant la guerre et si l’on sait que quiconque occupait un poste au sein de cette guerre sanglante est bouleversé, on sent qu’il y a une histoire derrière l’histoire sans parvenir à mettre le doigt dessus.
La page dédiée au roman sur le site de l’auteur
Petit à petit, l’auteur dévoile l’histoire de notre héroïne, dépeignant un personnage en demi-teinte. Maisie est un personnage remarquable, tout en nuances. Si elle est chaleureuse, elle peut aussi être très distante. Si courageuse puisse-t-elle être, elle ne trouve pas la force de faire face à son passé et aux décisions qu’elle a prises. Ce n’est qu’à la toute fin du roman qu’on se rend compte de ce qu’elle a vécu et de la façon dont elle a pansé ses blessures (ou évité de le faire) de guerre.
L’auteur est une merveilleuse conteuse, sachant quoi révéler à quel moment. Le roman est découpé en 3 parties. Dans la première, nous faisons la connaissance de Maisie en 1929, où elle résout avec coeur l’affaire qui lui est soumise. La 2ème partie, et la plus longue nous raconte son histoire depuis sa tendre jeunesse où elle prend un poste de bonne chez les Crompton jusqu’à son poste d’infirmière durant la guerre. Arrive alors la 3e partie où nous nous retrouvons de nouveau en 1929 et où Maisie finit de résoudre l’énigme qui s’est présentée à elle au début du roman, nous révélant un peu plus sur elle encore.
C’est un roman que j’ai trouvé très bien écrit, passionnant et juste. L’auteur parle de façon remarquable des blessures d’après-guerre, sans tomber dans le mélodrame. Elle évoque particulièrement subtilement les changements que la grande guerre a opéré sur la société, sur la façon dont elle a bouleversé les convenances sociales mais surtout, sur les bouleversements psychologiques qu’elle a engendrés.
Je vous conseille le blog de l’auteur qui est très très chouette!
Bref, j’ai adoré. J’ai ramené le tome 2 dans mes valises il y a une semaine, et je poursuivrai sans hésiter en anglais par la suite. La série compte déjà 9 tomes, le dernier étant sorti il y a peu. De longues heures de bonne lecture en perspective!































