Halloween Mood #9 : Sombres citrouilles de Malika Ferjoukh
Voilà le billet qui clôt ma série sur Halloween, je pense qu’il est temps. Et quelle merveilleuse façon de clôturer comme il se doit cette série que j’ai pris énormément de plaisir à écrire! En effet, à l’instant où je vous parle, chers lecteurs, je viens de tourner la dernière page d’un merveilleux roman. Une perle de la littérature de jeunesse, ça devient une habitude pour Malika Ferjoukh!
Sombres citrouilles est le troisième roman de l’auteure que je découvre, et toujours avec le même plaisir. Après Quatre soeurs pour lequel j’ai eu un immense coup de coeur, et Chaque soir à 11 heures que j’avais également adoré, et dont je vous parle ici, j’avais décidé, pour fêter dignement Halloween, d’ouvrir Sombres citrouilles. J’ai lu ce roman vraiment très rapidement; sitôt refermé, sitôt réouvert. Impossible à lâcher.
J’ai été totalement prise par le récit, emportée, séduite, avide de tourner chaque page. Le style de M. Ferdjoukh est inimitable, tellement imagé, drôle, riche. Ses expressions sont fouillées, elle se joue des mots et sincèrement, c’est juste délicieux.
L’histoire commence le 31 octobre, jour qui, pour la famille Coudrier, n’est certainement pas le jour d’Halloween, mais bien l’anniversaire de la figure patriarcale de cette famille bourgeoise, à savoir Papigrand. Ainsi, 3 générations de Coudrier sont présents en ce jour spécial pour assister comme chaque année à la fête donnée pour l’occasion. Personne dans la famille n’apprécie vraiment d’être là, mais impossible de tenir tête à Mamigrand, véritable dame de fer bien décidée à mener sa famille par le bout du nez et selon ses propres désiderratas.
Les petits enfants mettent la main à la patte pour mener à bien la soirée, et une de leurs missions est précisément de se rendre dans le potager, cueillir quelques potirons pour les donner aux voisins américains, qui eux, fêtent bien Halloween, une fête pour laquelle Mamigrand n’est pas disposée à manifester le moindre intérêt. Mais impossible de refuser de rendre service, les apparences sont si importantes! C’est alors que les enfants trouvent un corps inanimé, allongé parmi les légumes de Mamigrand…
Au fur et à mesure que l’on avance dans notre lecture, on sent le malaise s’installer, le truc qui cloche, les masques qui tombent morceau par morceau sans pour autant nous donner la clé du mystère. M. Ferdjoukh sait garder son lecteur en haleine. L’intrigue est incroyablement bien ficelée, je me suis laissée berner jusqu’aux dernières pages et j’ai adoré les retournements de situations, et le courage des petits enfants.
Les personnages sont très attachants, originaux, bien écrits. Le récit remarquablement bien construit. Il s’ouvre sur la découverte du corps, se poursuit sur les heures précédent cette découverte et se termine par ce qui se passe ensuite. Ce n’est pas d’une originalité renversante, mais combinée à sa forme polyphonique (le roman donne la parole à de nombreux personnages, principalement aux enfants de l’histoire), ça rend l’ensemble assez captivant. On frissonne à plusieurs moments, et on se demande où ces enfants remarquables vont chercher tout ce courage. Au final, le voile sur la famille Coudrier est levé bien plus que ne l’est finalement celui sur le cadavre du potager qui n’est que le point de départ du grand déballage.
Malika Ferdjoukh signe ici un roman absolument remarquable. La tension est installée dès les premières pages et ne redescend qu’aux dernières. A lire, absolument!
Une chose est certaine: je ne vais pas passer au-dessus de Fais-moi peur durant la période de Noël…
Malika Ferdjoukh, Sombres citrouilles, Ecole des loisirs (Medium), 1999, 222 pages.



































