The lost art of keeping secrets

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Maisie Dobbs de Jacqueline Winspear

Ce n’est que très récemment que j’ai découvert les romans de Jacqueline Winspear, lorsqu’une amie m’a offert le tome 2 de la série pour l’obtention de mon diplôme (encore merci ♥). Malheureusement, les romans ne sont plus édités et si vous souhaitez rencontrer la merveilleuse Maisie Dobbs, il faudra écumer vos bouquineries, encore que seuls les 2 premiers tomes ont été traduits en français… J’ai réussi à trouver le tome 1 et hop, embarqué dans mes valises pour mon périple londonien. Aujourd’hui, je peux vous dire que j’ai très bien fait parce que j’ai adoré cette lecture, c’est un véritable coup de coeur pour moi.

Alors que le récit commence, nous sommes à Londres en 1929 et Maisie Dobbs vient d’ouvrir son bureau d’investigation. Elle n’a pas encore beaucoup d’expérience et est presque désespérée d’entendre le téléphone sonner quand un homme de la bonne société, Mr Davenham,  la contacte à propos de doutes sur la fidélité de son épouse. Maisie prend l’affaire en charge, pas forcément réjouie de commencer sa carrière par un banal adultère, mais heureuse de pouvoir commencer à travailler et mettre en pratique l’enseignement qu’elle a reçu. Rapidement, elle se rend compte qu’il ne s’agit pas véritablement d’adultère mais quelque chose de plus complexe faisant resurgir des souvenirs de guerre qu’elle aurait aimé garder enfouis.

Si le roman commence par une introduction policière traditionnelle, celle-ci est rapidement mise de côté pour évoquer l’histoire de Maisie. Nous apprenons d’où elle vient, quel est son parcours, comment elle s’est retrouvée, elle, fille d’épicier londonien et bonne au sein de la maison de Lady et Lord Crompton, étudiante au sein d’une université pour jeunes femmes réputée. On apprend ensuite que Maisie a été infirmière pendant la guerre et si l’on sait que quiconque occupait un poste au sein de cette guerre sanglante est bouleversé, on sent qu’il y a une histoire derrière l’histoire sans parvenir à mettre le doigt dessus.

La page dédiée au roman sur le site de l’auteur

Petit à petit, l’auteur dévoile l’histoire de notre héroïne, dépeignant un personnage en demi-teinte. Maisie est un personnage remarquable, tout en nuances. Si elle est chaleureuse, elle peut aussi être très distante. Si courageuse puisse-t-elle être, elle ne trouve pas la force de faire face à son passé et aux décisions qu’elle a prises. Ce n’est qu’à la toute fin du roman qu’on se rend compte de ce qu’elle a vécu et de la façon dont elle a pansé ses blessures (ou évité de le faire) de guerre.

L’auteur est une merveilleuse conteuse, sachant quoi révéler à quel moment. Le roman est découpé en 3 parties. Dans la première, nous faisons la connaissance de Maisie en 1929, où elle résout avec coeur l’affaire qui lui est soumise. La 2ème partie, et la plus longue nous raconte son histoire depuis sa tendre jeunesse où elle prend un poste de bonne chez les Crompton jusqu’à son poste d’infirmière durant la guerre. Arrive alors la 3e partie où nous nous retrouvons de nouveau en 1929 et où Maisie finit de résoudre l’énigme qui s’est présentée à elle au début du roman, nous révélant un peu plus sur elle encore.

C’est un roman que j’ai trouvé très bien écrit, passionnant et juste. L’auteur parle de façon remarquable des blessures d’après-guerre, sans tomber dans le mélodrame. Elle évoque particulièrement subtilement les changements que la grande guerre a opéré sur la société, sur la façon dont elle a bouleversé les convenances sociales  mais surtout, sur les bouleversements psychologiques qu’elle a engendrés.

Je vous conseille le blog de l’auteur qui est très très chouette!

Bref, j’ai adoré. J’ai ramené le tome 2 dans mes valises il y a une semaine, et je poursuivrai sans hésiter en anglais par la suite. La série compte déjà 9 tomes, le dernier étant sorti il y a peu. De longues heures de bonne lecture en perspective!

Deux jolis colliers…

Bonjour, bonjour! Comment allez-vous ce matin? Moi je vais trèèèès bien, j’ai une journée bien chargée qui m’attend mais quel bonheur de ne plus se priver!

Comme promis, voici en images les deux jolis colliers que je me suis offerts à moi-même (parce que voilà, moi, je trouve que c’est important). Je voulais surtout marquer le coup.

Alors voilà, j’aime énormément les créations des magasins Fossil (quel doux euphémisme)je ne sais pas si vous connaissez? Ils ont des sacs magnifiques et leurs portefeuilles…! Mais ils ont aussi une ligne de bijoux fabuleuse, à la fois moderne et rétro, et je ne vous parle même pas de leurs montres…

Et LE gros “plus” non négligeable, c’est que peu importe le bijou que l’on achète, nous avons toujours l’impression de repartir avec une perle rare. Ils sont tous emballés dans un packaging magnifique: une très belle boîte en métal, qui peut véritablement constituer une boîte à bijoux… Jugez par vous-mêmes:

Ohhh, quelle jolie boîte!

Depuis un certain temps, je souhaitais m’offrir un charms necklace. J’aime beaucoup l’idée que l’on puisse changer de collier, avoir l’impression de porter un autre bijou, rien qu’en changeant de pendentif. Les charms sont à la grande mode ces dernières années. A vrai dire, j’ai songé à m’offrir un collier de ce type chez Thomas Sabo, où il y a de trop trop trop belles choses, mais les prix sont un peu trop élevés pour moi en ce moment, ça sera pour une autre occasion donc…

Et puis, chez Fossil, il y a aussi de très jolis colliers, tout simples, à un prix relativement modique, sur lesquels nous pouvons choisir d’adapter un charm de notre choix. J’ai opté pour un collier basique couleur argent et une adorable tortue (j’adore les tortues, le saviez-vous? Je les trouve assez fascinantes dans leur genre – vous auriez dû me voir durant mon stage l’année dernière dans le vivarium du musée d’histoire naturelle…) sertie de petites pierres multicolores… Adorable! Pour le coup, ce n’était pas vraiment un achat impulsif…

Par contre, en rentrant, j’ai eu un immense coup de coeur pour un autre collier… Je le trouve tellement, tellement beau! Je pense qu’en un quart de seconde, je savais que j’allais repartir avec cette merveille…

Alors, qu’en pensez-vous?

Passez un très bon vendredi!

Avril Enchanté d’Elizabeth Von Arnim

Voici enfin mon avis sur Avril enchanté! J’ai lu ce roman il y a déjà de nombreuses semaines maintenant mais je garde toujours une trace tout à fait délicieuse de ma lecture. J’ai su bien avant de tourner la dernière page que ce roman allait être un coup de coeur et au vu du sentiment qui m’envahit quand j’y repense aujourd’hui, c’est un coup de coeur tout ce qu’il y a de plus confirmé. Je sais d’avance que je relirai ce roman avec un immense plaisir…

L’histoire est celle de Lotty et de Rose, deux jeunes londoniennes qui par la force des choses, vont se retrouver à louer un château en Italie pour un mois entier. Afin de pouvoir supporter les frais du voyage, elles décident de partager le château avec deux autres locataires, Mrs Wilkins et Lady Caroline. Le roman raconte donc le début de leur périple et le dénouement heureux que ce voyage aura sur ces quatre femmes.

Avril enchanté réunit tous les ingrédients indispensables pour passer un très bon moment de lecture: une plume au style travaillé, des héroïnes attachantes (ou pas), un lieu magique, et des intrigues romantiques drôles et touchantes. Elizabeth Von Arnim n’a pas son pareil pour décrire ces espaces verts, sauvages, dominés par la nature. Elle parle avec tellement de vie de ces endroits fleuris qu’on peut réellement s’y croire et je me suis évadée moi aussi, en compagnie de nos héroïnes pour un mois d’avril enchanteur. Je pouvais presque sentir le parfum délicieux des fleurs! J’ai été totalement séduite par ces quatre femmes que ces vacances italiennes libèrent de leurs vies étriquées et pauvres d’amour. Elles n’avaient finalement besoin que d’un peu d’espace pour pouvoir se révéler, exister et cesser de vivre de façon passive. L’atmosphère que dégage ce château italien est envoûtante.  Entourés de ces paysages bucoliques et d’un soleil ressourçant, les personnages vont et viennent, les visages se dérident et tout doucettement, naissent de jolies amitiés.

Le roman est plein d’humour (incarné essentiellement par les moqueries sur la gente masculine, qui n’a pas très beau rôle dans le livre d’ailleurs!), le style d’Elizabeth Von Arnim est savoureux! Au vu des parcours respectifs des héroïnes, le roman aurait pu être mélancolique, au lieu de quoi il respire l’optimisme et l’espoir.

Elizabeth von Arnim, Avril enchanté, 10/18 (2011), 1922,  366 pages.

Lu dans le cadre du challenge Littérature Vintage

Downton Abbey

Et voilà, je viens de terminer le dernier épisode de la saison 2 de Downton Abbey. Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette série anglaise, Downton Abbey est un period drama se déroulant au début du 20e siècle de type upstairs/downstairs c’est-à-dire qu’il suit les aventures d’une famille d’aristocrates Crawley/Grantham ainsi que celles de leurs domestiques.

La saison 1 commence par l’annonce du naufrage du Titanic, avec à son bord, l’héritier de Downton Abbey, censé épouser l’aînée des filles Crawley, Mary, afin que cette dernière puisse rester vivre à Downton. Un mariage de raison bien plus qu’un mariage d’amour pour Mary qui se voit libérée de ses obligations mais confrontée plus que jamais à son statut de femme, la rendant inapte à hériter de la fortune familiale. Lord Grantham est donc contraint de chercher un autre héritier, qu’il trouve en la personne d’un cousin éloigné, Matthew Crawley, un jeune homme de loi, de classe moyenne décidé à ne pas laisser ce coup du destin changer ses idées et son mode de vie. Du côté des domestiques, la série s’ouvre sur l’arrivée de Mr Bates, le nouveau valet de Lord Grantham, dont la démarche claudicante laisse l’assemblée sceptique. Branson, le nouveau chauffeur aux idées politiques bien tranchées entre également dans la place…

J’ai regardé la première saison lors de sa sortie, l’année dernière et j’avais eu un véritable coup de coeur pour cette série, bien que je n’en ai pas parlé à ce moment-là. Downton Abbey regorge de qualités, de choses à admirer, d’ambiances desquelles s’imprégner.

Je ne peux qu’user de superlatifs pour parler de la saison 1… Downton Abbey est une série merveilleusement écrite. Les épisodes sont denses, on ne sait pas où donner de la tête. La mise en scène est remarquable (je vous le demande bien, comment ne pas tomber amoureuse de Downton abbey? Ce lieu est juste sublime), l’esthétique particulièrement soignée, la lumière et les ambiances sont travaillées tout comme les histoires et les dialogues qui se révèlent incroyablement savoureux.

La série nous donne à voir de très beaux personnages, fouillés, intenses et débordant de surprises. Ma préférence a tout de suite été à Lady Mary. C’est un personnage très intrigant, et du coup particulièrement intéressant à suivre. Elle est égoïste, rebelle, supérieure et manipulatrice mais elle a un côté également très humain sous ses traits impassibles d’aristocrate bien élevée. Sa situation rappelle à quel point la gente féminine manquait de considération il n’y a pas encore tant de temps que ça finalement. Mary doit épouser l’hériter de Downton ou se trouver elle-même une riche position dans la société, de quoi réveiller les instincts féministes.

Lady Sybil, la plus jeune de la famille, s’intéresse à la politique, au statut des femmes, aux carcans qui leurs sont imposés et qu’elle veut combattre. Elle est également un très beau personnage, et je trouve d’ailleurs qu’elle mérite une plus grande place dans la série. C’est bien ce qui a été tenté dans la saison 2, si on sent qu’elle évolue vers ses croyances, je trouve que ça a été un peu vite expédié. Même si je suis heureuse du dénouement en fin de saison.

Lady Edith est quant à elle volontairement mise sur le côté, son personnage se construisant amèrement dans l’ombre de son aînée. La saison 2 lui donne une place plus grande certes, mais on a quand même bien l’impression que les créateurs de la série ne savent pas très bien quoi faire du personnage. J’avais bien aimé son évolution dans la première partie de cette 2e saison, la suite m’a déçue… Et cette histoire d’hériter retrouvé, je n’ai pas du tout aimé, ça n’a vraiment rien apporté à l’histoire, ni au personnage.

Robert et Cora sont également deux personnages intéressants et agréables à suivre. Je reste cependant sceptique devant l’évolution de Robert en fin de saison 2. On sent bien qu’il ne retrouve plus sa place, et qu’il est bien le seul à vouloir voir les choses se rétablir comme avant la guerre. J’aime beaucoup Cora, et elle reste fidèle à son personnage, comme Lady Violet (Granny) dont les répliques ont une saveur toute particulière…. Elle adopte systématiquement une position de refus envers le changement, mais semble pourtant tout à fait s’y plaire. C’est une figure qui révèle les travers et les absurdités du monde aristocrate auquel elle est pourtant si fidèle, le tout avec humour et intelligence. Mais en attendait-on moins de la part de Maggie Smith?

Pour terminer avec le côté aristocrate, parlons un peu de Matthew et d’Isobel Crawley, sa mère. J’aime beaucoup Matthew. Je ne sais pas trop comment parler de ce personnage. Il a un côté lisse et prévisible et est en même temps autre chose. La saison 2 nous donne à voir un autre aspect de sa personnalité. Son entêtement et son aveuglement dans la saison 2 m’ont quand même agacée, tout comme le petit chef autoritaire qu’est devenu Isobel. Si dans la saison 1 elle apportait une différence de points de vue intéressante, donnant lieu à des confrontations juteuses (en particulier avec Lady Violet),  dans la saison 2, elle devient juste crispante.

Du côté downstairs maintenant, avec un autre personnage que j’adore… Carson, le majordome de la maison! De différentes manières, et surtout physiquement, il me fait penser à mon défunt grand-père et ça doit sans doute jouer. C’est encore un très beau personnage, très secret, avec un sens de la droiture presque intact. Il tient à sa position comme à la prunelle de ses yeux, soucieux de faire rester chacun à sa place. Il est aussi snob qu’un membre de l’aristocratie et aussi fier qu’un paon. Il accorde à son travail une attention extrêmement minutieuse, dirigeant les domestiques de la maison avec une main de fer. Je dois dire que pendant quelques minutes, j’ai eu très peur à la fin de la saison 2!  J’aime énormément aussi sa relation avec Lady Mary.

A part Carson, j’aime beaucoup Mr Bates et Anna que j’ai trouvé vraiment touchants. J’ai énormément aimé voir naître et mûrir leur relation, ils sont adorables! Je me demande bien où les mènera cette fin de saison 2 d’ailleurs, mais j’ai aimé qu’ils aient fait ressortir un autre aspect de la personnalité de Bates. J’espère qu’ils auront bientôt un peu de répit… J’ai bien aimé Gwen aussi, dans la saison 1. Je pense que c’est ce genre de personnage qui a manqué dans la saison 2 (je n’ai pas trop aimé l’histoire avec Ethel, ni celle avec Jane). Mrs Patmore aussi, on ne la voit pas beaucoup, elle est assez brusque mais elle a l’oeil sur beaucoup de choses et est loin d’être bête. Quant à Thomas et Mrs O’Brien, ce sont d’horribles personnages, et surtout Thomas, car O’Brien a une personnalité beaucoup moins tranchée. Quoiqu’il en soit, j’ai bien ri du mauvais tour joué à Thomas en fin e saison 2, et je me demande bien où il va finir par atterrir, chez Lady Mary? Et puis, il y a Branson, le chauffeur, un autre personnage (encore!) que j’aime vraiment beaucoup et qui aurait mérité un développement plus important, tout comme son couple, d’ailleurs.

Downton Abbey est une série accordant une place importante aux changements qui se déroulent au début de ce XXe siècle, que ça soit dans les technologies (électricité, téléphone, voiture, gramophone)  ou dans les idées (droit de vote des femmes, montée du parti libéral). La position des aristocrates se voit fragilisée avec cette première guerre mondiale qui vient bouleverser l’ordre établi. Rien n’est plus pareil, les femmes ont goûté au travail et aspirent à une vie autre que celle ponctuée de fausses conversations, de thés, de dîners et de changements de toilettes… Le personnage le plus dérouté est Lord Grantham qui ne sait plus vraiment où se situer face à tout ça.

Enfin, je terminerai par un soupir d’admiration pour les décors, les tenues, les coiffures, les paysages, Downton, ce charme désuet débordant d’élégance et le sens des phrases bien tournées…

Je vous invite vraiment à regarder Downton Abbey. Si globalement, la saison 2 m’a déçue, elle reste une série de très grande qualité à mes yeux et puis il faut avouer que la saison 1 était si parfaite que c’était dur de l’égaler. J’ai maintenant très très hâte de voir l’épisode de Noël et d’attendre impatiemment la saison 3…

Halloween Mood #9 : Sombres citrouilles de Malika Ferjoukh

Voilà le billet qui clôt ma série sur Halloween, je pense qu’il est temps. Et quelle merveilleuse façon de clôturer comme il se doit cette série que j’ai pris énormément de plaisir à écrire! En effet, à l’instant où je vous parle, chers lecteurs, je viens de tourner la dernière page d’un merveilleux roman. Une perle de la littérature de jeunesse, ça devient une habitude pour Malika Ferjoukh!

Sombres citrouilles est le troisième roman de l’auteure que je découvre, et toujours avec le même plaisir. Après Quatre soeurs pour lequel j’ai eu un immense coup de coeur, et Chaque soir à 11 heures que j’avais également adoré, et dont je vous parle ici, j’avais décidé, pour fêter dignement Halloween, d’ouvrir Sombres citrouilles. J’ai lu ce roman vraiment très rapidement; sitôt refermé, sitôt réouvert. Impossible à lâcher.

J’ai été totalement prise par le récit, emportée, séduite, avide de tourner chaque page. Le style de M. Ferdjoukh est inimitable, tellement imagé, drôle, riche. Ses expressions sont fouillées, elle se joue des mots et sincèrement, c’est juste délicieux.

L’histoire commence le 31 octobre, jour qui, pour la famille Coudrier, n’est certainement pas le jour d’Halloween, mais bien l’anniversaire de la figure patriarcale de cette famille bourgeoise, à savoir Papigrand. Ainsi, 3 générations de Coudrier sont présents en ce jour spécial pour assister comme chaque année à la fête donnée pour l’occasion. Personne dans la famille n’apprécie vraiment d’être là, mais impossible de tenir tête à Mamigrand, véritable dame de fer bien décidée à mener sa famille par le bout du nez et selon ses propres désiderratas.

Les petits enfants mettent la main à la patte pour mener à bien la soirée, et une de leurs missions est précisément de se rendre dans le potager, cueillir quelques potirons pour les donner aux voisins américains, qui eux, fêtent bien Halloween, une fête pour laquelle Mamigrand n’est pas disposée à manifester le moindre intérêt. Mais impossible de refuser de rendre service, les apparences sont si importantes! C’est alors que les enfants trouvent un corps inanimé, allongé parmi les légumes de Mamigrand…

Au fur et à mesure que l’on avance dans notre lecture, on sent le malaise s’installer, le truc qui cloche, les masques qui tombent morceau par morceau sans pour autant nous donner la clé du mystère. M. Ferdjoukh sait garder son lecteur en haleine. L’intrigue est incroyablement bien ficelée, je me suis laissée berner jusqu’aux dernières pages et j’ai adoré les retournements de situations, et le courage des petits enfants.

Les personnages sont très attachants, originaux, bien écrits. Le récit remarquablement bien construit. Il s’ouvre sur la découverte du corps, se poursuit sur les heures précédent cette découverte et se termine par ce qui se passe ensuite. Ce n’est pas d’une originalité renversante, mais combinée à sa forme polyphonique (le roman donne la parole à de nombreux personnages, principalement aux enfants de l’histoire), ça rend l’ensemble assez captivant. On frissonne à plusieurs moments, et on se demande où ces enfants remarquables vont chercher tout ce courage. Au final, le voile sur la famille Coudrier est levé bien plus que ne l’est finalement celui sur le cadavre du potager qui n’est que le point de départ du grand déballage.

Malika Ferdjoukh signe ici un roman absolument remarquable. La tension est installée dès les premières pages et ne redescend qu’aux dernières. A lire, absolument!

Une chose est certaine: je ne vais pas passer au-dessus de Fais-moi peur durant la période de Noël…

Malika Ferdjoukh, Sombres citrouilles, Ecole des loisirs (Medium), 1999, 222 pages.

La rentrée des séries

Depuis quelques semaines, nous avons le plaisir de pouvoir regarder toute une panoplie de nouvelles séries. Je n’y avais pas encore prêté grande attention avant la semaine dernière, où j’ai décidé de me faire une petite sélection. S’il y a beaucoup de choses que j’ai aimé, je n’ai finalement eu qu’un seul coup de coeur pour l’instant. Un petit tour rapide sur ce que j’ai vu et ce que j’en ai pensé, ça vous dit?

Aujourd’hui, je vais me focaliser sur les nouvelles séries, je vous parlerai de celles que je n’ai commencé que cette année, ou de celles qui continuent dans un autre billet.

Ringer signe le retour de Sarah Michelle Gellar sur le petit écran. Si je n’ai pas suivi la série Buffy contre les vampires, j’aime assez cette actrice et j’étais ravie (comment beaucoup, je pense) de la revoir. Ringer, c’est l’histoire de jumelles, Siobhan et Bridget. Siobhan mène la grande vie alors Bridget, alcoolique en probation, cherche à se dépatouiller de situations délicates. Bref, deux vies aux antipodes. Lorsque Siobhan contacte Bridget dans le but de la revoir après plusieurs années sans nouvelles, cette dernière y voit la possibilité de racheter ses déboires passés et de renouer avec cette soeur jumelle qui lui a tant manqué. Seulement voilà, Siobhan disparaît, et Bridget décide de se faire passer pour elle.

Après les 4 premiers épisodes, je dirais que la série me plait bien. Cependant, j’en attendais un peu plus. C’est très lent, et l’atmosphère anxiogène qu’elle tente de faire passer a quand même du mal à s’installer. Un peu plus d’action, et peut-être une exploration plus fouillée des deux personnages, et pas seulement de Bridget serait la bienvenue. Siobhan est quand même celle qui est à l’origine de tout ce capharnaum, il serait intéressant de la voir davantage. Le quatrième épisode semble prendre cette voie d’ailleurs, et c’est tant mieux. Mais nous n’en sommes qu’au tout début, il faut le temps que le thriller s’installe, en espérant que cet aspect de la série reste au premier plan. La fin du quatrième épisode me semble prometteuse.

New girl est une petite sitcom racontant l’histoire de Jessica, une jeune femme qui vient de plaquer son petit-ami après l’avoir trouvé au lit avec une autre. Elle cherche un nouvel endroit où vivre, et atterrit chez Schmidt, Winston et Nick. On suit alors le quotidien des quatre colocataires.

Une chose est sûre, Zooey Deschanel est pleine de fraîcheur. Je suis néanmoins assez déçue par les trois premiers épisodes que j’ai vus. La série a tendance à basculer dans un humour très lourd. Les petits moments véritablement drôles et touchants sont très rares et ne parviennent pas à compenser les scènes bien trop balourdes. Il m’est donc pour l’instant très difficile de m’attacher aux personnages. Je vous avoue que si l’actrice principale n’avait pas été Miss Deschanel, je ne pense pas que je poursuivrais.

Hart of Dixie raconte l’histoire d’une interne en chirurgie, Zoe Hart (Rachel Bilson) contrainte d’exercer dans un cabinet de médecine générale pendant une année afin de se montrer plus humaine avec ses patients et d’obtenir la bourse de recherche qu’elle souhaite. Elle se retrouve alors en Alabama pour intégrer le cabinet d’un médecin qui n’a de cesse de la voir venir exercer à ses côtés. La série est réalisée par Josh Schwartz (The OC).

Hart of Dixie a été une jolie surprise. Je n’ai vu que les deux premiers épisodes et je me plais assez dans cette petite ville du sud des Etats-Unis. Les habitants sont frappés (on retrouve quand même un peu de l’ambiance Stars Hollow) et même si les intrigues sont cousues de fil blanc, j’ai vite accroché. Hart of Dixie n’est cependant pas un coup de coeur, même si deux épisodes, c’est finalement assez peu pour se prononcer. Il faut voir comment les personnages évoluent et surtout si elle parviendra à dépasser son côté très convenu.

The secret circle, une série adaptée des romans de L.J. Smith met en scène une bande de jeunes sorciers. Elle commence alors que Cassie Blake arrive à Harbor Chance, pour y vivre auprès de sa grand-mère, suite au décès de sa mère. Elle fait alors la connaissance de toute une série d’adolescents lui révélant sa capacité à faire de la magie. Cassie serait le chaînon manquant de leur cercle… La jeune fille va également en apprendre plus sur sa défunte mère, et une sombre histoire d’accident survenu 16 ans plus tôt…

Le concept est assez sympa, et les quatre premiers épisodes me convainquent de continuer sur ma lancée. Pour autant, The secret circle n’est pas non plus un coup de coeur. Elle présente des défauts, les acteurs jouent parfois mal et leurs personnalités sont très clichés: la jeune héroïne qui comprend rien à ce qui lui arrive et qui est gentille avec tout le monde, le brun ténébreux sur qui elle a craqué mais avec qui il est impossible qu’elle vive quelque chose parce que lui est quasi-marié avec la brune sympa intello et raisonnable, la miss-je-sais-tout. Il y a aussi la petite effacée qui s’éprend du tombeur, et Faye, la “pétasse” qui s’avère finalement le personnage le plus intéressant et le mieux joué. Au quatrième épisode, l’intrigue prend une autre dimension, qui j’espère sera moins nombriliste. Je trouve que Cassie manque d’envergure comme héroïne et je ne m’y attache pas encore vraiment. Mais j’ai quand même très envie de voir ce qui va se passer, comment les pouvoirs du cercle vont évoluer, et tout ce que cache ce drame passé.


Pan Am est une des séries que j’attendais avec grande impatience. Elle met en scène un groupe d’hôtesses de l’air et de pilotes de la célèbre compagnie aérienne Pan Am dans les années 60.Le grand atout de la série pour moi est la présence de Christina Ricci.

Je n’ai vu que les deux premiers épisodes de la série et pourtant, je suis déjà assez séduite. Je trouve le milieu de la série assez novateur (le transport aérien) ainsi que l’époque dans laquelle elle se déroule. Les acteurs sont assez bons, et on sent que l’on se trouve devant une série qui se veut être de qualité. Je ne peux cependant pas encore dire s’il s’agit un coup de coeur… je pense que Pan Am a besoin d’encore quelques épisodes pour mûrir et installer ses personnages. En tout cas, c’est sûr, je la suivrais avec grand plaisir!

Two broke girls, c’est tout simplement mon coup de coeur! Cette nouvelle sitcom raconte l’histoire de Max, une jeune femme cumulant deux boulots, qui a du mal à envisager son avenir, et de Caroline, une riche héritière se retrouvant à la rue après les déboires financiers de son paternel. Elle décroche un job de serveuse dans le diner où travaille Max. Entre ces deux jeunes femmes que tout oppose, va naître une jolie amitié.

Je pense que je n’aurais pas accordé d’attention à cette série sans la présence de Kat Dennings, une actrice qu’on voit peu mais que j’aime beaucoup. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, et j’avais un peu peur que la sitcom tombe dans des travers lourdingues (comme pour New girl). Finalement, 2 broke girls s’avère être la meilleure découverte de la rentrée. L’humour est bien entendu omniprésent dans la série et s’il n’est pas toujours très fin, on ne bascule jamais du côté de l’exagération. Les dialogues sont très drôles, surtout les répliques de Max. Caroline est quant à elle davantage plantée dans une logique de comique de situation mais la lourdeur qui peut se dégager de ce genre de scènes est automatiquement contrebalancé par la répartie cinglante de Max. En somme, il y a une espèce de dynamique du comique très bien maîtrisée et qui n’empêche pas les personnages d’avancer. De plus, ces derniers ne sont pas des clichés ambulants. Max n’est pas qu’une fille cynique et Caroline, une banale héritière. Elles sont complémentaires et j’aime beaucoup voir évoluer leur amitié. Je n’ai pourtant vu que 3 épisodes mais la série est pour moi extrêmement prometteuse, en particulier avec le projet que nourrissent les deux jeunes femmes (*petit spoiler*): celui d’ouvrir une pâtisserie car oui, Max est la reine des cupcakes! (*petit spoiler*). C’est selon moi le petit plus qui donne à cette sitcom sans prétention tout son intérêt: un joli projet, une belle amitié, beaucoup d’humour. Et j’ai dit que Kat Dennings était géniale? Oui? Et bien je le redis! Affaire à suivre!

A côté de ces nouvelles trouvailles, je continue ma découverte de la saison 4 de Merlin, de Grey’s anatomy. J’ai aussi découvert Lost girl, une série racontant les aventures d’un succube. Elle date de l’année dernière, et la saison 2 est en cours de diffusion. Je vous en parle bientôt. Et parmi les nouvelles, j’ai aussi A gifted man qui m’attend, avec Patrick Wilson et Jennifer Ehle au casting, je m’attends à du très bon. Wait & see.

Et vous? Quelles sont vos découvertes de la rentrée? Des coups de coeurs? Des déceptions? Des séries à me conseiller? J’attends vos commentaires!

Passez une bonne journée!

Chaque soir à onze heures de Malika Ferdjoukh

Depuis que j’ai lu et complètement adoré la tétrade Quatre soeurs de cet auteur, je suis bien résolue à découvrir toute son oeuvre, et par conséquent à suivre et veiller sur ses nouvelles publications! Il m’a donc fallu Chaque soir à onze heures dès sa parution. Evidemment…

Willa Ayre est une jeune fille sans histoire. Elle est assez discrète et pourtant Iago, “le” garçon populaire du lycée l’a remarquée, phénomène qu’elle  ne comprend toujours pas. Iago est le frère de sa meilleure amie, l’exubérante Fran. Deux héritiers vivant dans un hôtel luxueux dont le glamour est bien éloigné de son quotidien. A une fête donnée par Fran, Willa rencontre Edern, un jeune homme caustique et assez sombre. Cela laisse à Willa une impression d’autant plus forte… Leur rencontre mènera Willa dans une grande demeure aux allures délabrées, située au fond d’une impasse brumeuse, un vrai berceau de bizzareries…

Chaque soir à onze heures m’a énormément plu. J’ai beaucoup aimé l’ambiance du livre, l’étrangeté à laquelle est confrontée Willa, la romance qui est toute mignonne et pas mièvre du tout, les références, et le mystère à résoudre. Le livre est aussi truffé d’humour, ce qui détonne assez avec son atmosphère inquiétante mais l’enrichit incroyablement. Les jeux de mots de l’auteur dédramatisent certaines situations et rendent ses personnages d’autant plus attachants. J’ai d’ailleurs été tout à fait séduite par ces derniers, surtout la petite Marni qui est très touchante. Retrouver la plume de Malika Ferdjoukh était un vrai bonheur et même si ce dernier livre est très différent, on y retrouve quand même un peu de Quatre soeurs, et c’est immensément savoureux! A lire sans s’arrêter, je vous aurais prévenus!

Mon avis est assez court, j’en conviens, mais je ne voudrais pas en dire trop. Oh, et le petit plus: cette couverture framboise, élégante et si douuuce!

Malika Ferdjoukh, Chaque soir à onze heures, Flammarion, 2011, 401 pages.

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Happy reading!

Les souvenirs de David Foenkinos

Il y a quelques mois, j’ai découvert avec un immense plaisir La délicatesse de David Foenkinos. J’ai été tellement séduite par ce court roman, que la sortie d’un nouveau titre de l’auteur pour cette rentrée littéraire me rendait très très enthousiaste. C’est donc avec une fébrilité des grands jours que j’ai ouvert Les souvenirs.

Le récit s’ouvre alors que le narrateur perd son grand-père et que naît en lui le sentiment d’avoir manqué la dernière occasion de lui témoigner son affection. Si cet évènement est très important dans le livre, ce n’est pas l’élément central, plutôt l’élément déclencheur. Le narrateur est un aspirant écrivain et pour “coller” à l’image qu’il se fait de l’écrivain débutant, il a décidé d’être veilleur de nuit dans un hôtel parisien. L’ennui, c’est qu’il se préoccupe davantage du sort de sa grand-mère, désormais placée en maison de repos, que de se forger une plume. Et au fond, il a l’impression de n’avoir rien à dire. C’est alors que sa grand-mère fugue, cette fuite sera en quelque sorte le point de départ du roman, l’occasion pour l’auteur de dépeindre avec tendresse un tableau familial à la fois banal et atypique.

Les souvenirs est un roman qui célèbre la vie. Il en évoque les grandes étapes; explore la naissance de l’amour, la perte, les rapports intergénérationnels, le poids et l’importance du passé, les choix auxquels on doit faire face malgré nous, la culpabilité, mais aussi les bonheurs simples. C’est un roman touchant qui parle de ce qu’on connait de la vie: sa magie et son absurdité, sa capacité inégalée à nous surprendre, les méandres dans lesquels elle nous emmène, bons et mauvais et aussi, de la trace qu’elle nous laisse: nos souvenirs.

J’ai retrouvé dans ce roman tout ce que j’avais aimé du style de La délicatesse: une écriture nerveuse et posée à la fois, une maîtrise des mots remarquable, Foenkinos a un sens inouï des phrases qui sonnent justes, tellement justes et bien formulées qu’on se surprend à les lire et les relire encore. Les chapitres sont courts et rythment le récit. J’aime la façon qu’a eu l’auteur de jouer sur ces derniers, en insérant des “chapitres souvenirs” de personnes rencontrées ou de personnalités évoquées par notre jeune héros. J’ai trouvé ce roman tendre et très humain. Il nous fait rire, il nous émeut, nous parle tout simplement. On s’y retrouve tous un peu. Bref, n’hésitez pas.

David Foenkinos, Les souvenirs, Gallimard, 2011, 266 pages.

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